| HUMOUR CAUCHEMAR DECAPANT |
CAUCHEMAR DECAPANT Au début, tout était calme. Le vent soufflait doucement, une légère brise parfumée de senteurs printanières flottait dans la vallée. Le soleil brillait de ses mille feux, la température était agréable, les papillons papillonnaient, les oiseaux flirtaient dans le ciel,… Le paradis était descendu sur terre. Rien n’augurait à ce moment précis le terrible cataclysme qui se préparait, la catastrophe planétaire qui allait changer la face du monde !!! La plaine était verte. Une belle plaine de campagne avec ses prés et ses vallons qui ondulaient à perte de vue. Par-ci, par-là, une construction était plantée on ne sait pourquoi, on ne sait comment. Une rivière argentée sillonnait entre les monts à la recherche d’un endroit où s’échapper. Très lentement, le vent se mit à souffler. Les nuages se firent de plus en plus nombreux, d’abord vaporeux et blancs, ensuite de plus en plus gris. Le soleil jusque là seul dans le ciel n’arrivait plus à se dégager des paquets gris et maintenant noirs et menaçants. Le vent soufflait de plus en plus fort. La pluie se mit à tomber d’un seul coup, par paquets. Le vent venait du nord, du sud, de l’est et de l’ouest successivement. Les averses déversaient de grosses couches d’un liquide qui n’était pas de l’eau. Etait-ce ce qu’on appelle une « pluie acide » ? Peut-être. Le vent maintenant se déchaînait. La pluie tombait tellement fort que le sol ne parvenait pas à l’absorber. Elle formait à la surface des mares, des torrents, des lacs ; les rivières avaient disparu, tout comme le soleil. Le ciel n’était plus que gros nuages noirs. Pendant de nombreuses minutes qui parurent des heures, la pluie déversa par couches croisées une immonde texture sur ce qui, quelques instants auparavant, était l’Eden des Ecritures. Le sol n’absorba qu’une partie du déluge, laissant par-ci par-là des amas d’une sorte de gélatine gluante. D’un coup, le vent cessa et la pluie s’arrêta de tomber. Les nuages noirs étaient toujours là, gros et menaçants. Il faisait maintenant calme, trop calme sans doute. Un autre cataclysme s’annonçait. En effet, à perte de vue, le sol se mit à bouger, à onduler, à se soulever. Des montagnes émergeaient du sol en quelques instants atteignant pour certaines des altitudes énormes. Des volcans naissaient et rentraient immédiatement en éruption. Leurs cratères déversaient des odeurs pestilentielles. A certains endroits, on eut dit que le sol se plissait. A d’autres, la couleur verte était comme pelée à l’aide d’un couteau et ne laissait plus voir que la couche lisse et argentée du sous-sol. Le vent qui avait cessé se remit à souffler par rafales de plus en plus fortes. Il se transforma en ouragan en quelques instants. Tel un cyclone, il balayait tout sur son passage. Un raz de marée emporta au loin tout ce qui, quelques instants plus tôt, semblait être la fin du monde. Les volcans disparurent, les montagnes s’effacèrent, la vallée retrouva sa forme primitive. Le vent de la désolation venait de passer. L’apocalypse se terminait. Le vent s’arrêta de souffler, les nuages disparurent, le soleil refit son apparition. Mais ce qu’il vit le rendit bien triste : la jolie petite vallée, même si elle avait retrouvé ses vallons et ses rivières, avait perdu sa belle couleur verte. Le sol était gris argenté à perte de vue. Mais le soleil est d’un naturel optimiste. Il savait qu’après la pluie viendrait le beau temps et il sait aussi que le sol retrouvera une belle couleur. Il mettra tout en œuvre pour qu’elle soit encore plus éclatante qu’avant. C’est son vœu le plus cher, comme c’est le vôtre, ami lecteur, qui venez de revivre le cauchemar que vous avez tous fait la veille du jour où il a fallu décaper la carrosserie de votre belle voiture afin de la repeindre dans la couleur de votre choix. Faites de beaux rêves… maintenant.
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