HISTORIQUE
1998/2002 - RENAISSANCE D'UNE HERALD

 

Chers passionnées et passionnées des TRIUMPH, bonjour.

Le récit que vous allez lire a été rédigé durant les quatre années de la restauration de ma Triumph Herald 1200. Chaque article est paru dans la revue du Belgian Triumph Club d'octobre 1998 à août 2002.

ARTICLE N° 1

Je me prénomme Marc et vous invite à prendre connaissance de toutes les étapes de restauration de ma Herald.

J'ai 40 ans, marié, père de 3 enfants et habite dans un petit village du Brabant Wallon, à un peu plus d'un coup de canon du champ de bataille de Waterloo. Depuis une dizaine d'années j'y restaure une petite maison villageoise du début du siècle.

Avant de rénover ma maison, j'avais déjà restauré, mais dans un tout autre domaine, une Renault
4 CV de1958. Mais le peu de temps que j'avais à lui consacrer ainsi que certaines autres circonstances m'ont poussé à m'en défaire. Je n'avais plus du tout l'intention de racheter un véhicule ancien mais il faut croire que la fibre de la mécanique ancienne et de l'élégance de nos chers témoins du passé étaient encore cachés quelque part en moi.

Comment, alors que je n'étais pas du tout à la recherche d'un véhicule ancien, ai-je acheté ma Herald ? Il faut croire que l'occasion a fait le larron. L'histoire commence en septembre 1998.

En face de ma maison, il y a un verger dans lequel une remise en tôle est adossée à la maison de mes voisins. Ceux-ci ont entrepris de gros travaux de restauration qui ont obligé le propriétaire de la remise de réduire la surface de celle-ci. A l'intérieur reposaient depuis près de 20 ans une caravane, une Panhard ainsi que celle qui allait devenir mienne, une Triumph Herald. La réduction de la surface au sol n'a plus permis de tout stocker et a donc obligé le locataire du hangar à venir rechercher les deux véhicules qui allaient se retrouver sans toit. Et le jour du grand déménagement, j'étais là pour prendre possession, pour quelques billets de celle qui peut-être un jour vivra une deuxième jeunesse et sillonnera les routes parmi les vôtres, pour le "triomphe" de cette majestueuse marque anglaise d'automobiles et de cycles.

La première étape à affronter fut de déplacer la voiture dont tous les pneus étaient plats... L'ancien propriétaire attacha un câble de remorquage pendant que mon fils Geoffrey âgé de 14 ans s'installait au volant. Les trente mètres à parcourir furent laborieux, trois roues tournant lamentablement pendant que la quatrième restait imperturbablement immobile, calée sans doute par le frein à main resté trop longtemps serré.

La deuxième étape fut de placer la voiture en bonne position sur le parking (je ne dispose malheureusement pas d'un garage) afin d'y permettre un accès facile pour la future restauration. Deux voyages me furent nécessaires à la station-service la plus proche pour procéder au regonflage des pneumatiques. Sur les cinq pneus, un rendu l'âme rapidement, une large entaille sur le flan laissait passer la chambre à air qui ressemblait à un gros bubble-gum prêt à éclater. Une fois la Triumph sur ses quatre roues gonflées à bloc, une solide traction à l'aide de ma voiture habituelle et d'une chaîne acheva de débloquer la roue récalcitrante. Je pus enfin positionner ma Triumph correctement à l'endroit choisi.

Le moment était venu de faire le point de la situation :

- J'ai acheté ma Herald sans papier de bord... mais j'ai le numéro de la plaque
d'immatriculation de l'ancien propriétaire. Ouf !
- Je dispose de trois clefs... mais aucune ne fait tourner les serrures du capot.
- Le moteur est calé... mais complet.
- Tous les chromes sont là... mais dans quel état !
- Les tapis de sol sont pourris et le dossier de la banquette arrière est légèrement troué ; en effet, une famille de rongeur avait élu domicile dans le coffre, une provision de noisettes en était la preuve.
- Les valances avant et arrières et le bas des portières sont rouillés, pour ne pas dire pourris
- La carrosserie dans l'ensemble est potable.
- Le châssis a l'air en bon état mais les bas-de-caisse manquent.

By the way, je ne vous ai pas encore dit qu'il s'agit d'un coach 1200, probablement de 1966, conduite à gauche et de couleur verte. Ne valait-elle pas quelques billets ?

ARTICLE N° 2

Dans ce deuxième épisode relatant les aventures et mésaventures relatives à la restauration de ma TRIUMPH Herald, je vous parlerai des "surprises" apparues lors du premier nettoyage.

Mon fils Geoffrey commença par lui donner un bon bain tiède afin de lui enlever presque 20 années de crasse. Le résultat ne fut pas mirobolant. En effet, d'une part la peinture verte était on ne peut plus "passée", je veux dire terne et mate et d'autre part les chromes blafards et piqués de rouille ne parvenaient pas à faire ressortir l'éclat que cette petite berline devait avoir dans le milieu des années 60.

L'ouverture du coffre, si elle ne nous fit pas tomber dans les pommes en raison des effluves nauséabondes provenant des déjections des anciens habitants, je veux dire des rongeurs qui y avaient élus domicile, m'obligea à liquider séance tenante tous les tissus de sol ainsi que la toile précédemment attachée au dos de la banquette arrière.

D'un point de vue carrosserie, je dus également mettre à la poubelle les pare-chocs en caoutchouc, ceux-ci étant pourris, cassants et plus désagréable encore, laissant leur ancienne couleur blanche souiller tout ce qui les touchait.

A la poubelle aussi le pot d'échappement dont ne subsistait d'ailleurs que le tuyau sortant du collecteur d'échappement.

Partant du principe qu'une restauration correcte ne peut être efficace que lorsque chaque pièce de carrosserie, de mécanique et de décoration est enlevée, détachée, déboulonnée, déclipsée ou dévissée afin d'être nettoyée, dégraissée, restaurée, parfois remplacée mais toujours repeinte ou traitée, je me mis à enlever, détacher, dévisser, etc...

Pour ce faire, je suivis les conseils de mon fils et achetai une bombe de dégrippant. Si ce fut efficace dans les 90 % des cas, les 10 % restants me firent perdre quelques rares cheveux de mon front déjà bien dégarni.

Je commençai mon travail par le démontage et le nettoyage de la calandre ainsi que de tous les chromes : baguette du capot, des ailes & portières ; butoirs de pare-chocs ; pourtour des phares; fermetures latérales du capot ; poignées intérieures de fermeture des portes ; enjoliveurs ; décorations de la vitre arrière sans oublier toutes les lettres formant la marque, le modèle et la cylindrée de la voiture.

Trois pots de produit de nettoyage pour chrome me furent nécessaires pour redonner un certain éclat à des pièces parfois bien endommagées par des années d'abandon.

ARTICLE N° 3

Dans ce troisième volet des aventures et mésaventures rencontrées lors de la restauration de ma TRIUMPH Herald, je vous exposerai aujourd'hui, comme annoncé dans le chapitre précédant, les "surprises" mécaniques apparues lors du démontage de la voiture.

Je suppose que le premier réflexe d'un mécanicien professionnel ou amateur, lorsqu'il a en face de lui un véhicule qui n'a plus roulé depuis des années, est de vérifier si le moteur n'est pas grippé. Pour ce faire, le plus simple est de saisir le ventilateur et, pour autant que la courroie le permette, de faire tourner celui-ci afin de s'assurer que la poulie reliée au vilebrequin tourne également. Si le test est concluant, cela signifie que l'ensemble mécanique intérieur (vilebrequin, bielles, pistons, arbre à cames, soupapes, etc.) est entraîné dans le même mouvement.

Vous pensez bien que ce test je l'ai fait et... le moteur était grippé !
Je commençai donc par enlever les bougies afin d'injecter du dégrippant dans les chambres de combustion. Rien n'y fit, le moteur restait calé. Je dus donc me résoudre à démonter la culasse et bien m'en pris !
Mais avant de démonter celle-ci, je dus, pour des raisons de facilité, enlever d'autres éléments de carrosserie et mécaniques qui de toutes façons devaient être nettoyées et remises en état, à savoir le capot, la calandre, le radiateur, les collecteurs et carburateur, la pompe à eau et l'alternateur.

Tous les écrous enlevés, je pensais pouvoir soulever la culasse sans difficultés. C'était sans compter sur l'absence de jeu entre les différents boulons et leurs guides. Il me fallut sortir la grosse artillerie, à savoir un pied de biche pour, un coup à gauche, un coup à droite, un coup devant et un coup derrière, faire s'élever la culasse millimètre par millimètre.

J'ai dit plus haut que bien m'en avait pris de pratiquer à une opération à ventre ouvert. En effet, je pus constater l'état des pistons et de la culasse : recouverts de calamine. A ce moment, le moteur était toujours calé.

Mon dernier espoir de dégripper les pistons était de les nettoyer à la brosse de fer fixée sur ma foreuse et de laisser dormir pendant 24 heures ou plus les cylindres recouverts d'une bonne dose de dégrippant. Au cas où cette opération s'avérerait inopérante, il ne me restait plus qu'une solution, mais qui me déplaisait atrocement : déposer le carter, démonter les chapeaux de bielles afin d'avoir accès aux pistons par la partie inférieure.

24 heures plus tard, je me présentai donc en face du moteur, je saisis la poulie du vilebrequin et... elle tourna !!! entraînant les pistons qui montaient et descendaient (deux par deux comme des ballerines en plein exercice à la barre fixe) libérés des particules de rouille qui, sans doute, avaient grippé les segments des pistons laissés trop longtemps inactifs. Quel bonheur...

ARTICLE N° 4

Dans le chapitre précédant, vous vous souvenez que j'étais parvenu à débloquer le moteur après avoir enlevé la culasse et décalaminé les pistons. Dans la même foulée j'en ai profité pour nettoyer entièrement la culasse et tous ses composants.

J'ai donc démonté la culbuterie et déposé les soupapes. Je disposais encore du matériel de rodage que j'avais utilisé quelques années auparavant pour ma 4CV Renault. La technique n'est pas compliquée du tout : à l'aide d'un rodoir (tige en bois terminée par une ventouse en caoutchouc à chaque extrémité - une grosse et une petite) fixé sur la soupape et en utilisant la pâte à roder (du gros grain pour commencer - du fin grain pour terminer) répartie sur la surface de contact, il suffit, en maintenant le rodoir entre les deux paumes de ses mains, d'effectuer des mouvements de rotation avant - arrière jusqu'à ce que le son produit par l'usure du métal disparaisse presque complètement. Je pense qu'il est judicieux également, de temps en temps, de décaler la soupape d'un quart de tour afin que l'usure soit bien répartie.

Si mon épouse était entrée ce moment dans l'atelier, elle m'aurait certainement pris pour un homme des cavernes essayant d'allumer un feu à l'aide d'un bout de bois.

Après un temps considérable, je jugeai le résultat très acceptable. Les soupapes ne crissaient plus et leurs surfaces de contact avaient la couleur argentée souhaitée sans plus aucune tache noire. Je pouvais remonter l'ensemble en tenant bien compte que chaque soupape devait être placée à la place où elle avait été rodée.

A ce moment, je me mis en quête de différentes pièces de rechange neuves tels une pochette de joints, un filtre à huile, des vis platinées et condensateur, un rotor de Delco, un filtre à air, des bougies ainsi que des balais d'essuie-glaces.
Je me mis également à la recherche de documents techniques sur la Herald et achetai lors d'une bourse d'échange de véhicules anciens le numéro 202 daté de février 1963 de "La revue technique automobile" traitant de la Triumph Herald 948 & 1200 cc. Si ce n'est déjà fait, je convie vivement chaque collectionneur à se procurer l'exemplaire de "la revue technique automobile" relatif à sa propre voiture. C'est en effet une mine de renseignements incontournable. Lors du Brussels Rétro Festival, je fit l'acquisition du "Manuel de conduite et d'entretien" qui, à mon sens, doit être un document indissociable de chaque véhicule.

Sur la même lancée, je me mis à la recherche de revues actuelles ayant consacré un article et leur première page à la Herald. J'en découvris trois. Avec une petite lettre d'accompagnement, je pris le risque d'envoyer des billets de banque français dans une enveloppe afin d'éviter les frais de transferts internationaux. Quelques jours plus tard, je recevais les revues commandées.

ARTICLE N° 5

Souvenez-vous de mon article précédent : le moteur de ma Herald étant bloqué, j'avais résolu de le démonter afin de le décalaminer et de décoincer les pistons. Dans la même foulée, j'avais entièrement démonté la culasse et pratiqué à un rodage des soupapes.

Tout était maintenant prêt pour le remontage de la culasse sur le bloc moteur.
Aidé de ma clé dynamométrique, et bien sûr dans un mouvement de spirale en commençant du centre de la culasse, je serrai les écrous au couple recommandé.

Etait venu le moment de régler l'écartement des axes de poussée de soupapes. Pour ce faire, un peu de bon sens théorique. Le réglage ne peut se faire que lorsque les soupapes sont tout à fait
fermées ! Donc, il faut faire tourner le moteur jusqu'au moment où le piston est, non seulement au "point mort haut", mais surtout à l' "explosion". Pour le savoir, c'est assez simple. Lorsque l'on tourne le moteur, il faut que les soupapes du cylindre correspondant (je veux dire celui qui imprime le même mouvement ascendant et descendant), soient en "balance". En effet, lorsque les soupapes sont en "balance", cela signifie que, dans ce cylindre, le piston se trouve au "point mort haut", à la fin de la période d'échappement des gaz brûlés (c'est pour cela que la soupape d'échappement va se refermer) et que directement après commence la période d'admission (c'est pour cela que la soupape d'admission va s'ouvrir pratiquement au même moment).

Après avoir réglé les soupapes d'un cylindre, il faut passer au suivant. Et pour connaître celui qui suit, il suffit de connaître le cycle des explosions : 1 - 3 - 4 - 2.

Voilà, les réglages sont terminés. Passons maintenant au remontage des autres éléments du moteur : le carburateur, le radiateur, les bougies, etc... Le grand moment est presque arrivé : savoir si le moteur va tourner.

Je démonte la batterie de ma voiture habituelle et ne me trompe pas en fixant les cosses : sur les Anglaises, c'est le "plus" qui est à la masse. J'introduis la clé sur le tableau de bord, tourne et, le temps que l'essence arrive au carburateur, le moteur démarre dans un bruit assourdissant, bruit causé par l'absence de tuyau d'échappement. Quel bonheur !!!
Rassuré maintenant sur ce point, j'allais pouvoir continuer à démonter la carrosserie, le tableau de bord, les roues, les freins, etc. afin de remonter ma Herald, pièce par pièce, en remplaçant les défectueuses et en pratiquant à la restauration du châssis et de la carrosserie (si nécessaire).

NB: Que les "professionnels" de la mécanique automobile ne m'en veuillent pas d'expliquer parfois dans les détails certains travaux. Car pour moi qui suis un employé col & cravate cinq jours/semaine, c'est une réelle joie de bricoler sur ma Herald le week-end.
Mes connaissances, je les ai apprises essentiellement en bouquinant. Loin de moi la prétention d'être un professeur. Ce n'est que plaisir pour moi de vous faire part de la manière dont je m'y prends pour la restauration de ma voiture.

ARTICLE N° 6

Souvenez-vous de mon dernier article : le moteur de ma TRIUMPH Herald tournait donc après plus de quinze années d'inactivité.

L'étape que j'estimais être la suivante était le démontage de la carrosserie. Mon but est en effet de désosser ma voiture, de la restaurer entièrement afin de la remonter pièce par pièce après l'avoir traitée et avoir remplacé les pièces défectueuses, abîmées, cassées, manquantes, etc.

Malheureusement, les cieux ne furent pas avec moi. Je n'ai pas de garage et le seul endroit où je peux travailler est le parking que j'ai aménagé dans mon jardin. Je suis par conséquent tributaire des conditions atmosphériques et, comme vous le savez, de septembre 1998 à mi-mars 1999, il n'a pas arrêté de pleuvoir... J'ai donc dû attendre le samedi 13 mars 1999 pour enlever la bâche qui recouvrait ma Herald et commencer le démontage de la carrosserie.

Je commençai par le plus facile : les deux portières et le coffre. Un peu plus difficile et en tout cas plus délicat fut d'enlever les vitres latérales, le pare-brise et la lunette arrière. Nettement plus compliqué : enlever le toit. Pour ce faire, j'enlevai d'abord le ciel de toit. L'état dans lequel il était, à savoir détérioré par l'humidité (qui perlait encore du plafond d'ailleurs), ne me fit prendre aucune précaution. Cinq écrous et deux vis plus tard, le toit, bien que désolidarisé, collait toujours fermement au niveau du pare-brise. Un peu de patience et d'astuce me permit heureusement d'en venir à bout.

Le plus heureux à ce moment fut Amaury, mon petit dernier de 5 ans, qui s'amusait à rentrer par un côté et à ressortir par l'autre après avoir fait un pas de danse dans l'habitacle nu et à ciel ouvert.

Le démontage du toit fit apparaître un énorme trou de rouille, invisible jusqu'alors, au niveau de la vitre latérale droite. Il faut bien dire qu'à cet endroit l'eau n'a pas de moyen de s'écouler et stagne jusqu'à avoir perforé la tôle.

L'étape suivante fut le démontage du tableau de bord noir (et oui, pas en bois dans mon modèle...), du volant et du mécanisme des essuie-glace. Pas de difficultés à signaler.

Dernier exercice de la journée : enlever tout le câblage électrique. Pour ce faire et afin de ne prendre aucun risque pour le remontage ultérieur, je plaçai sur chaque extrémité de fil électrique une étiquette autocollante blanche sur laquelle j'indiquai la nature du raccordement et son emplacement précis.

Imaginez maintenant ma Herald : quatre roues, un châssis, un moteur, la partie de carrosserie boulonnée au châssis et... c'est tout.

La prochaine étape sera donc le démontage de ce qui reste de carrosserie. Commencera alors le véritable travail de restauration.

ARTICLE N° 7

Ma TRIUMPH Herald, positionnée sur mon parking, a vraiment une drôle de mine : plus de toit, plus de portières, plus de capot, plus de coffre, plus de tableau de bord, plus de circuit électrique, plus d'intérieur. En fait, il ne reste sur le châssis que le moteur, les roues, le bulkhead et la carrosserie arrière.

Mon objectif de ce dimanche : démonter le bulkhead. Je reprends ma documentation et repère sur le plan du châssis les différents endroits de fixation de la carrosserie. Le bulkhead est fixé au châssis à 12 endroits différents : deux boulons à l'avant, quatre boulons & écrous sur les longerons extérieurs et six vis sur les traverses intérieures.
J'asperge chaque fixation à l'aide de dégrippant en priant le Bon Dieu de n'avoir aucune mauvaises surprises. Mes prières furent exaucées à 92 %.
Si les boulons avant et latéraux n'opposèrent aucune résistance, j'eus plus de mal avec les vis intérieures. Le problème vint essentiellement du fait que mes clefs de "10" étaient trop larges et mes clefs de "9" trop étroites ! Il m'aurait fallut des clefs à mesure anglaise.Il ne me restait qu'une seule solution, sortir la grosse artillerie, à savoir ma disqueuse, afin de réduire les pans de vis juste ce qu'il faut pour introduire une clef de "9". Ainsi, cinq vis purent être démontées, la sixième dut être décapitée.

On aurait pu croire que la chose était entendue. Malheureusement, l'ancien propriétaire avait dû faire appel à un carrossier à un moment donné car deux petites tôles avaient été soudées, solidarisant le bulkhead au reste du plancher. Ma disqueuse refit entendre sa douce mélodie une nouvelle fois.

Maintenant totalement libéré, le bulkhead pouvait être déposé. Mon fils Geoffrey m'aida pour la manœuvre et, quelques minutes plus tard, il reposait sur ma terrasse pour un petit dépoussiérage avant d'être mis de côté dans la remise. L'objectif de la journée était déjà atteint.

Attaquons maintenant la partie arrière de la carrosserie. Retour sur le plan pour constater qu'elle est fixée à huit endroits: deux boulons & écrous sur les longerons extérieurs, deux gros boulons (cachés par des caoutchoucs) au niveau des lames de ressort et finalement quatre boulons dans le coffre tout au bout des longerons. Si les boulons des longerons latéraux cassèrent net, les autres n'opposèrent aucune résistance. La caisse était entièrement libérée mais pour la déposer, il me fallait encore m'occuper du câble du frein à main.

Pour cela je devais passer sous la voiture. Je résolus donc tout d'abord de la soulever afin de la faire reposer sur des cales. Si tôt dit, si tôt fait, ma Herald ne reposait maintenant plus sur ses roues mais sur des blocs de bois. Je pouvais maintenant me glisser sous le plancher et démonter le câble du frein à main.

Mais les meilleures choses ont une fin et la journée de dimanche s'achevait déjà. La dépose de la carrosserie restante sera pour un autre jour et, pour vous amis lecteurs, pour une autre revue.

ARTICLE N° 8

Dans ce huitième épisode relatif à la restauration de ma Herald, je vous parlerai aujourd'hui le démontage de la carrosserie (suite et fin), du train avant, de la boîte de vitesse, du moteur et enfin de la partie arrière.

Lors de mon dernier compte-rendu, la carrosserie de ma Herald était totalement désolidarisée du châssis. J'appelai mon fils Geoffrey afin de la soulever et de la déposer à côté du châssis. Je pus ainsi me rendre parfaitement compte de l'état de celui-ci ainsi que des canalisations du système de freinage.

Le châssis était en relativement bon état. Un bon dépoussiérage fut nécessaire, ce qui ne plut pas tellement aux quelques araignées qui avaient élu domicile aux encoignures. Le démontage de la canalisation du système de freinage fut exécuté rapidement grâce à l'excellente accessibilité du réseau.

Après avoir enlevé quelques éléments du moteur (alternateur, pompe à essence, reniflard, hélice de la pompe à eau,...), je résolus de démonter le train avant. Je commençais par les pneus et la barre antiroulis, ensuite le système de freinage (canalisations rigides et souples) et le démarreur. Je continuai en m'attelant à la dépose de la suspension. Quelques écrous plus tard, j'avais en mains les deux ressorts hélicoïdaux contenant les suspensions hydrauliques.

Ne jugeant pas pour l'instant obligatoire de démonter séparément la crémaillère, les triangles de suspension et les tambours, je fis en sorte de retirer tout l'ensemble d'un seul bloc. Tout le train avant était maintenant déposé.

Le moteur n'ayant en tout et pour tout que trois points d'appui (deux Silentblocs à l'avant et fixation sur la boîte de vitesse à l'arrière), je descendis le châssis au ras du sol en ayant soin de faire reposer le moteur sur une cale en bois positionnée sous le carter. De cette manière, le moteur ne basculerait pas en arrière lorsque la boîte de vitesse serait désaccouplée.

La dépose de la boîte fut très aisée. Je défis les quatre écrous retenant encore le moteur au châssis et quelques minutes plus tard, le moteur reposait à même la cale en bois. Il ne me restait plus qu'à l'extraire et le ranger dans mon atelier avant nettoyage et remise en forme.

Le châssis avant était maintenant entièrement nu, restait à pratiquer de même au niveau de la partie arrière.

Le samedi suivant, par une journée nuageuse mais sans pluie, je démontai donc les amortisseurs, les lames de ressort et le différentiel toujours relié aux roues arrières par les cardans.

Maintenant pouvait commencer le réel travail de restauration !

Je me trouve donc dans la même situation que les ouvriers qui, en 1966, allaient commencer le montage de ma Triumph Herald : un châssis et toutes les pièces à monter.
La différence entre eux et moi, c'est l'état de tous les composants : les leurs étaient neufs et les miens sont usés, rouillés, cassés, grippés, déchirés, etc.

Mon premier travail sera donc le châssis. Il est évidemment rouillé superficiellement à l'exception de la partie avant qui a été involontairement protégée par un solide couche de graisse déposée par le temps.

Un solide nettoyage à la brosse de fer me fait découvrir d'anciennes restaurations. En effet, des petites tôles ont été soudées sur les tirants latéraux à différents endroits. Ceci dit, le châssis est relativement sain, à l'exception de la traverse arrière gauche, celle qui est soudée en porte à faux et supportant le coffre au niveau du réservoir d'essence. Ce longeron est tordu et troué sur au moins 40 cm. La cause est probablement un ancien remorquage qui aura plié et déchiré la tôle au niveau du collier d'attache du câble de remorquage. Le temps aura fait le reste.

Après avoir traité à l'antirouille (4 couches) l'ensemble du châssis, il me fallut donc découper, plier et marteler plusieurs morceaux de tôle que je confiai, en même temps que le châssis, à un soudeur expérimenté pour resolidifier la partie abîmée du châssis. NB: ne disposant pas de remorque, le châssis fut transporté sur le toit de ma voiture habituelle !

Le châssis, maintenant entièrement assaini, pouvait recevoir les premiers éléments, à savoir le train arrière qu'entre-temps j'avais nettoyé, dégraissé et repeint à l'antirouille.

ARTICLE N° 9

Ce 3 septembre, il y a eu exactement un an, j'achetais ma Triumph Herald.
Pendant ces douze mois, en raison de l'absence de garage et de mauvaises conditions climatiques (Belgique oblige), je n'ai guère avancé dans la restauration de ma voiture.

Néanmoins, je suis prêt à remonter certains éléments. En effet, mon châssis est maintenant décapé, restauré (quelques tôles soudées) et recouvert de quatre couches d'antirouille. Etant donné que j'ai passé quelques heures d'hiver à la restauration d'organes mécaniques, dès que le châssis fut revenu "solidifié", je pris un plaisir évident à remonter les trains avant et arrière, la barre antiroulis et la crémaillère. Le plus difficile à attacher fut la barre de suspension. Mais un peu d'ingéniosité me permis de résoudre ce problème de ressort.


En attendant de recevoir un nouveau circuit de freinage complet en cuivre, je me suis attelé à remettre en état le bulkhead. Mon fils Geoffrey sabla au compresseur les parties inaccessibles tandis que je terminai le travail à l'aide d'une brosse métallique fixée sur ma foreuse. Deux couches de peinture antirouille terminaient le travail. Le bulkhead était prêt à être replacé lui aussi sur le châssis. Je commandais un kit complet de fixation carrosserie/châssis et me rendis ainsi compte que ma Herald avait déjà dû être démontée car je reçut plus de pièces que je n'en avais récupéré lors du démontage !

Le placement des tuyaux de freinage ne posa aucune difficulté. Je m'aidai des anciennes tuyauteries pour donner la forme voulue avant la fixation. Le cuivre étant assez malléable, pas besoin de ceintreuse ; il suffit de chauffer préalablement les tuyaux par friction à l'aide d'un morceau de chiffon. Je démontai et nettoyai le maître-cylindre de frein et donnai un coup de jeunesse à la pédale de freinage (le détail qui tue c'est le caoutchouc décoré d'un magnifique "T"). J'étais fin prêt pour le remplissage de la tuyauterie. Suivant les conseils de plusieurs membres du B.T.C., je laissai le traditionnel "lockhead" de côté et choisi le révolutionnaire "Silicone". Afin d'être certain que plus une goutte de l'ancien liquide de freinage n'était présent à gauche ou à droite, le démontai tous les maîtres-cylindres et nettoyai ceux-ci au White Spirit.

Mais voilà... l'automne est arrivé et avec lui la pluie, le vent, les gelées nocturnes et les journées courtes. Je vais devoir laisser dormir pendant quelques mois mon châssis et ses quelques éléments déjà montés. Mais attention, je ne vais pas me reposer ! Je compte bien utiliser cette période pour restaurer toutes les pièces usées (dégraissage, remplacement des pièces usées, peinture antirouille, etc.) afin que tout soit prêt pour les premiers jours de beau temps. J'espère pouvoir me rendre à Stoneleigh en février prochain pour, espérons-le, faire le plein de pièces de rechange.

Ma liste est déjà prête : valances avant & arrière, bas de caisse gauche et droit, amortisseurs avant et arrière, boudins de pare-chocs, butoirs chromés arrière, attache chromée de coffre, maître-cylindre émetteur & récepteur d'embrayage, tapis de sol, tous les caoutchoucs pour vitres & pare-brise, pot d'échappement, batterie, miroir intérieur, rétroviseurs gauche & droit, feu antibrouillard, plastique orange/rouge de feu arrière. Ouf ! Notez bien, la majorité des pièces énumérées sont des pièces qui s'usent et doivent se remplacer un jour ou l'autre. Alors, je me dis que je ne m'en tire pas si mal.
J'avais remarqué, en démontant l'ensemble des pièces de la colonne de direction, d'une part que le commutateur gauche avait été remplacé par un tout petit bouton et d'autre part que celui de droite bougeait dans tous les sens. Je sais maintenant pourquoi : une pièce métallique interne servant à fixer les deux commutateurs était cassée et avait nécessité une intervention de fortune. Ces pièces existent en neuf, mais à quel prix ! Comme il n'y a pas péril en la demeure, j'attendrai de les trouver au hasard des salons de voitures anciennes.

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J'étais surpris également par le jeu important au niveau du levier de changement de vitesses. J'en ai découvert la raison en démontant l'écrou d'un axe intermédiaire. Une pièce ressemblant à une bague manquait ou plutôt était tellement usée qu'elle avait dû casser et disparaître. Je la remplaçai par deux écrous dont je limai les arêtes et dont j'agrandis l'axe central juste ce qu'il fallait pour faire passer le boulon d'attache. Après remontage, le jeu avait disparu !

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Je m'étais toujours demandé comment fonctionnait la réserve d'essence. Vous savez, ce tube situé au-dessus du réservoir d'où part la canalisation vers la pompe à essence et que l'on doit tourner d'un quart de tour pour obtenir quelques litres de carburant supplémentaires. Et bien maintenant je sais car j'en ai démonté le mécanisme et... c'est tout bête ! En fait, ce tube est de forme courbée comme une banane et plonge dans le réservoir. En position normale, alors qu'il reste toujours quelques litres d'essence dans le fond du réservoir, la pompe à essence aspirera de l'air parce que l'embouchure se situe au-dessus du niveau de flottaison. En tournant cet axe, le tube plonge dans les litres restants permettant de parcourir les kilomètres vous séparant de la station-service la plus proche. Mais attention aux distraits : lors du "plein", ouvrez votre coffre et remettez l'axe dans sa position initiale sinon, lors de la panne sèche suivante, vous serez vraiment à sec !

ARTICLE N° 10

Comme le Phœnix, cet oiseau mythologique qui renaît de ses cendres, ma TRIUMPH Herald, qui a été entièrement désossée, commence lentement à reprendre forme. Durant cet hiver, je me suis attelé à la restauration et au remplacement de certaines pièces abîmées ou cassées. J'ai profité du voyage organisé par le B.T.C. à Stoneleigh pour acquérir notamment différents caoutchoucs, les amortisseurs avant et arrière, les butoirs chromés arrières, les maîtres-cylindres d'embrayage, une colonne de direction complète (interrupteurs compris), les deux serrures à clefs du capot moteur et la partie de carrosserie située dans le coffre et servant d'habitacle à la roue de secours (pièce de récupération). En fait, j'ai trouvé 2/3 des pièces dont j'avais besoin (dont certaines introuvables en neuf), à des prix très intéressants. Le déplacement en valait réellement la peine car, en plus du beau temps, l'ambiance était super sympathique.
Pour le 1/3 de pièces manquantes, je vais faire une étude de marché et ensuite passerai commande.

* * *

Revenons quelques mois en arrière si vous le voulez bien. Après avoir débloqué les pistons grippés, décalaminé les chambres de combustion et fait un rodage des soupapes, j'avais voulu savoir si le moteur tournait encore. J'avais donc remonté la culasse et refait le réglage des soupapes. J'installais la batterie de la voiture de mon épouse et plaçais correctement les cosses (le plus à la masse évidemment !). A peine la deuxième cosse était elle enfoncée qu'un nuage s'échappait avec une odeur de brûlé. Assurément, il y avait un court-circuit quelque part ! J'enlevais immédiatement une cosse de la batterie avant un début d'incendie éventuel et surtout pour arrêter l'hémorragie. C'est à ce moment qu'on regrette l'absence de boîtier de fusibles sur certaines voitures anciennes. Mais qu'est-ce qui avait causé ce court-circuit ? La réponse arriva rapidement en examinant les fils électriques alimentant les deux Klaxons : ceux-ci avaient fondus. La cause de l'incident était la présence d'une quantité non négligeable de cambouis humide sur chacun des Klaxons. Un court-circuit se sera établi causant les dégâts susmentionnés. Le moment était donc venu de réparer les fils endommagés.

Au départ, je pensais soit acheter un nouveau câblage complet, soit le refaire moi-même en achetant tous les fils de couleurs et en m'aidant du câblage existant comme gabarit. J'ai abandonné ces deux idées après avoir constaté le très bon état des fils existants, nonobstant les fils des Klaxons qui devaient forcément être remplacés.

Je démontai donc la gaine noire enserrant tous les fils afin de pouvoir retirer ceux quasi fondus (brun pour l'un, brun-noir pour l'autre). Après une visite auprès de plusieurs négociants en pièces automobiles, je dus me résoudre à changer de couleur pour le fil brun-noir, celui-ci n'étant plus disponible !!! Comme ce n'était pas très grave en soi, je le remplaçai par un fil bleu. Tant pis pour le puriste que j'aurais voulu être... Sniff, Sniff,...

Les fils remplacés et les fiches femelles remises en place, je replaçais de la toile isolante noire afin de refaire une belle gaine en bonne et due forme. Sur ma lancée, j'ajoutai dans la gaine allant vers l'arrière de la voiture un fil complémentaire afin d'alimenter en courant le futur antibrouillard. Voilà ! Mon câblage était fin prêt pour être remonté ! Encore une bonne chose de faite !

Ne souhaitant plus du tout une nouvelle mésaventure comme celle du court-circuit avec mes Klaxons, je décidai de placer un boîtier à fusibles. Pour ce faire, je consultai le schéma électrique afin de trouver le meilleur endroit et aussi pour savoir combien de fusibles devrait composer le boîtier. Je consultai également le boîtier de ma voiture habituelle pour me rendre compte de l'ampérage de sécurité et des groupes d'éléments protégés. J'en arrivai à la conclusion qu'il me faudrait 5 fusibles. D'après le schéma, l'endroit le plus approprié est situé à côté de la boîte de dérivation; c'est en effet de là que part la majorité des fils électriques.

ARTICLE N° 11

Afin de poursuivre la restauration de ma Herald, je devais absolument acquérir un certain nombre de pièces comme les valances avant et arrière, les bas de caisse, les butoirs arrières chromés, quelques caoutchoucs, les amortisseurs avant et arrière et de nombreux autres éléments dont la liste serait trop longue à écrire.

J'ai trouvé les 3/4 de mon bonheur à Stoneleigh lors du voyage organisé par Alain Dufour et le Belgian Triumph Club. Stoneleigh est un véritable paradis et même si un jour lointain nous y irons tous (au ciel bien sûr), je vous invite vivement à faire un petit tour dès à présent à sa succursale terrestre même si le voyage est un tantinet fatigant. Stoneleigh vaut vraiment le détour. Sachez que ce sont ceux qui disent qu'ils n'ont rien à acheter, qu'ils vont juste là-bas pour le plaisir, qui reviennent les bras les plus lourdement chargés ! (certains se reconnaîtront...). Pour le 1/4 restant, j'ai dû faire appel à des fournisseurs belge et anglais.
A ce jour, je dispose de plus 90 % des pièces pour que ma Herald soit complète (il me reste encore en gros à acquérir un pot d'échappement, une batterie, les tapis de sol, les rétroviseurs extérieurs, un ciel de toit et remplacer les quatre pneus).

J'approche, pour mon plus grand plaisir, du moment où je vais pouvoir aller déposer ma voiture entre les mains d'un peintre/carrossier. Je suis en effet en train de mettre la dernière main aux travaux de restauration à ma portée.

Dernièrement, j'ai déposé toute la partie arrière de la carrosserie. Ici, le travail consistait à décaper entièrement la tôle afin d'enlever la boue et la rouille, tant à l'intérieur de l'habitacle que sous la voiture. Pour ce faire, le plus facile a été de retourner entièrement la carrosserie. Grâce à cela, j'ai pu exactement me rendre compte de l'état de certains éléments. Deux des quatre supports soudés soutenant la carrosserie et qui sont, lors du montage, boulonnés au châssis sont trop usés et devront être remplacé par des neufs. Autres éléments à remplacer : la tôle interne se trouvant juste derrière le quart valance droit, l'habitacle de la roue de secours (acheté d'occasion à Stoneleigh), la gouttière droite au niveau du pare-brise, les arches de roue extérieures en dessous des ailes avant, les bas des portières et enfin les passages de roue avant.

Il y a quelques mois, j'avais démonté tout le mécanisme de la portière droite, de l'ouverture de la porte au système de coulissement de la fenêtre. Force m'est de constater, en regardant d'une part le nombre de pièces démontées et l'ordre chronologique du démontage d'autre part que j'aurais aujourd'hui bien des difficultés à remonter tout ce mécanisme. C'est la raison pour laquelle, lors du démontage de la portière conducteur, j'ai pris trente-six mille notes, établis un croquis, répertorié tous les écrous, boulons et autres rondelles (placés chacun dans une enveloppe numérotée). De cette manière, j'espère que le remontage s'effectuera dans les meilleures conditions.

Si je me débrouille en mécanique, je n'ai malheureusement aucune connaissance en matière de carrosserie. Je ne sais pas souder, je ne sais pas mastiquer et poncer (il paraît que c'est tout un art !), je ne sais pas peindre au compresseur. Je n'ai donc ni les connaissances, ni les outils adéquats.

Avant de porter ma voiture chez le peintre, Edward, notre Président, m'a vivement conseillé de "préparer" la carrosserie, c'est-à-dire de la décaper afin de mettre la tôle à nu. Ce travail préliminaire permettra de faire diminuer la note à payer. Seulement voilà, je ne saurai traiter que les pièces pouvant être rangées dans mon atelier à l'abri de l'humidité. Edward me donna les quelques conseils dont j'avais besoin et je me mis à décaper. En voici les cinq étapes :

1° étaler du décapant (pas n'importe lequel !) à l'aide d'un pinceau sur la surface à traiter
2° attendre 10 minutes
3° enlever la peinture à l'aide d'une spatule (et d'un vieil aspirateur)
4° déposer une deuxième couche de décapant sur la peinture qui a résisté à la première couche
5° terminer le travail à la paille de fer fine

Franchement, le résultat est surprenant. Qui plus est, le décapage met à jour d'anciennes soudures, restaurations, débosselage que parfois il convient de retraiter.

Un pot d'un kilo de décapant m'a été nécessaire pour les deux portières. A ce propos, le mal récurrent des Herald (et peut-être d'autres Triumph ?) est le bas des portières qui rouille et devient de la dentelle de Bruges, cela après plusieurs années et malgré tous les soins que l'on peut leur prodiguer. Les miennes n'ont pas fait exception à la règle, du vrai gruyère. J'ai donc dû découper une bande de tôle sur toute la longueur de la portière afin de facilité le travail de soudure prochain. J'ai profité de l'ouverture pour donner deux couches d'antirouille à l'intérieur des portières.

Après les portières, je me suis attaqué au coffre arrière et au toit. Ici, rien à signaler. Le capot moteur me prit beaucoup plus de temps. Pour nettoyer la boue et les crasses se trouvant à l'intérieur, j'ai sorti la grosse artillerie, à savoir mon nettoyeur haute-pression et ses grains de quartz. Je suppose que vous avez tous déjà vu un capot d'Herald 1200, c'est coins, recoins et encore recoins ; un vrai plaisir à décaper !!! Enfin, je n'avais pas le choix. D'un point de vue restauration, je devrai souder, à gauche et à droite, une nouvelle arche extérieure de passage de roue ainsi qu'une petite pièce en forme de quartier de tarte de chaque coté.

En décapant l'aile droite j'ai découvert une ancienne restauration : un enfoncement de la tôle n'avait même pas été débosselé mais recouvert directement de plâtre, sûrement par un amateur de bas étage.

Au fur et à mesure du décapage de la carrosserie, je me rends compte de l'état réel de celle-ci et des travaux de restauration, essentiellement de soudure, qu'il faudra exécuter avant de la conduire chez le peintre. Je ne suis pas expert en la matière mais je crains que tout ce travail va prendre plus de temps que je ne le pensais au départ...

ARTICLE N° 12

Depuis de nombreux mois maintenant, vous suivez par le biais de notre revue les différentes étapes de la restauration de ma TRIUMPH Herald.
Vous savez dès lors que je ne dispose pas d'un garage et que tous mes travaux s'effectuent soit dans mon jardin, soit dans mon petit atelier.

Aujourd'hui, je suis dans une impasse. En effet, je considère qu'il m'est impossible de continuer à restaurer ma voiture sans un toit bien à elle. Je ne peux concevoir de la porter chez un carrossier pour la faire revenir entièrement repeinte et ensuite la laisser "à la rue" face aux intempéries et à l'hiver qui approche.

L'année passée, ma décision a été prise : je vais construire un garage dans le fond de mon jardin.
Renseignements pris à la Commune, j'ai dû faire appel à un architecte et introduire une demande de permis de bâtir. Après bien des mois et quelques difficultés au niveau de l'Urbanisme, j'ai obtenu mon autorisation.

En juillet 2000, j'ai donc sorti mes pelle, bêche, brouette, niveau d'eau, truelle, betonneuse, etc. et me suis fait livrer tous les matériaux de construction. Les travaux pouvaient commencer.

L'entreprise étant d'envergure (ce n'est en effet ni un, ni deux mais bien trois boxes + un atelier que je vais construire : 6 mètres sur 13 !!!) et effectuant les travaux seul (avec l'aide épisodique de mes enfants), je n'aurai pas terminé de sitôt. C'est la raison pour laquelle je tenais à vous faire part d'une interruption, que j'espère la plus courte possible, dans le récit des travaux de restauration de ma Herald. Celui-ci reprendra dès que mon garage sera terminé et que je pourrai enfin travailler dans des conditions optimales.

ARTICLE N° 13

Blanche, rouge, jaune, verte, bleue, etc. les couleurs de carrosserie d'origine Triumph sont nombreuses. Qui plus est, les Herald ont parfois été proposées en deux tons et il existait même des variantes pour leurs dispositions sur la carrosserie. Le choix que je devais faire pour une nouvelle peinture était donc difficile. Finalement, j'ai jeté mon dévolu sur un des jaunes d'origine Triumph, le jaune "jasmin".

En attendant que mon garage ne sorte de terre et que je puisse enfin travailler dans un espace convenable, j'ai utilisé quelques soirées pluvieuses à préparer la carrosserie de ma Herald avant son transfert auprès d'un peintre/carrossier.

Par exemple, j'ai repeint les deux supports de vitres portières et leurs déflecteurs triangulaires. Quelques couches d'antirouille, de primer et de peinture définitive me donnent, pour mon plus grand bonheur, une idée de ce que sera ma Herald lorsqu'elle sera entièrement repeinte. Emporté sur ma lancée, j'en ai profité pour déjà traiter et peindre les "petites" pièces de carrosserie tels : le support d'éclairage de la plaque de police, le croisillon de renfort du coffre, le tube de soutien du capot, les montants latéraux au niveau des vitres arrières, etc.

La majorité des grandes pièces de carrosserie nécessitent des travaux parfois conséquents. Ainsi, j'ai déposé mes deux portières auprès du patron de mon fils (ce dernier vient de terminer et réussir sa première année d'apprentissage en carrosserie), celui-ci étant garagiste indépendant pour une grande marque française d'automobiles et carrossier de surcroît. Précédemment, j'avais découpé sur une dizaine de centimètres les bandes inférieures de mes deux portières, celles-ci ressemblant à du gruyère, surtout par les trous. J'avais déjà acheté en Angleterre des tôles profilées pour la future restauration. Ainsi, entièrement démontées et décapées par mes soins, je livrai mes portières prêtes à être ressoudées, mastiquées, poncées, traitées et préparées pour la future peinture.

Entre-temps, je m'activais à la construction de mon triple garage & atelier. Il m'a fallut environ 17 mois (et oui, en Belgique il pleut beaucoup, il fait parfois très froid et je ne dispose que des week-ends ainsi qu'un certain nombre de jours de congés...- qui plus est, j'ai tout construit tout seul !) pour arriver au "gros œuvre fermé". Il me faudra encore carreler le sol, crépir les murs extérieurs et effectuer des travaux de terrassement (entrée de garage et gravier), mais ça attendra bien l'année prochaine. Le plus important était de mettre à l'abri ma petite Triumph Herald afin de pouvoir continuer à la restaurer dans de bonnes conditions. C'est maintenant chose faite.

La restauration pouvait donc reprendre, ainsi que le récit de ses différentes étapes entamé voilà plus de trois ans maintenant... Comme le temps passe...

Une fois que mon garage put être fermé à clef, je passais une bonne partie de mon dimanche à transporter maintes et maintes boîtes en carton de ma maison au garage ; celles-ci contenant des centaines de pièces classées, réparées, remplacées, repeintes. Ma cave se vida, mon bureau se vida, la chambre de mon fils aîné se vida, ma salle de bain ; mais non, pas jusque dans ma salle de bain quand même !! Il n'empêche, pendant de nombreux mois, vous pouviez trouver à gauche ou à droite, un capot, un toit, un coffre et de nombreuses boîtes à chaussures. Maintenant, c'est terminé, tout est stocké dans mon garage. Mon épouse respire enfin; quelle patience et quel amour, quand même.

Et maintenant, par où commencer... ou plutôt, par où reprendre ? Le châssis étant déjà restauré, il me parut tout à fait logique de replacer le moteur & la boîte de vitesse. Leur positionnement sur les Silentblocs ne posa aucune difficulté. Dès ce moment, je sortis de leurs boîtes de naphtaline un certain nombre d'éléments que je replaçais autour du moteur : démarreur, filtre à huile, pompe à essence, distributeur, alternateur, collecteurs & carburateur, radiateur ainsi que le pot d'échappement.

Ayant choisi d'utiliser du silicone plutôt que du lockeed pour mes canalisations de freinage & d'embrayage, je démontais tous les maîtres-cylindres afin de les nettoyer avant remplissage et purge.
Arrivé à ce stade de la restauration, il devenait urgent de disposer du bulkhead. En effet, dès que celui-ci serait réparé (et ici, les travaux sont heureusement négligeables), repeint et replacé, je pourrai replacer un nombre inouï de pièces : maîtres-cylindres, tableau de bord complet, chauffage, bobine,... Le moteur pourrait même tourner et la voiture rouler...
après plus de 21 ans !!!

ARTICLE N° 14

Bien à l'abri des intempéries, du vent, de la pluie, de la neige, mais malheureusement pas du froid, je pouvais continuer la restauration de ma Herald dans mon nouveau garage.

J'avais déposé auprès du patron de mon fils (apprenti en carrosserie - 2ème année) mon bulkhead entièrement décapé afin qu'il effectue une petite soudure au niveau du plancher et surtout qu'il le peigne dans la teinte que j'avais choisie parmi les teintes d'origine Triumph : jaune jasmin. Le travail étant somme toute assez léger, mon bulkhead me revint très rapidement.

Je m'empressais alors de le fixer sur le châssis afin de commencer le plus tôt possible le remontage de toutes les pièces y attenantes. Je commençais par le mécanisme des essuie-glaces parce qu'ultérieurement, l'accès eut été beaucoup plus difficile. Ensuite, je fixais les maîtres-cylindres de freinage et d'embrayage en même temps que les pédaliers. Du côté moteur, je replaçais également la bobine d'allumage, le solénoïde du démarreur, la cosse de masse et enfin le système de chauffage Smiths. Je pouvais maintenant passer à l'intérieur de l'habitacle.
Je sortis alors de leurs caisses, les différents câbles tels : le choke (starter), l'accélérateur, le chauffage, le compteur de vitesse & km. Je dus, afin de m'y retrouver et de faire passer par les bons trous les câbles ad'hoc, me replonger dans ma documentation : livres techniques et photographies d'époque. Ceci étant fait, je pouvais m'atteler au tableau de bord. Celui-ci fut rapidement mis en place ; aucune difficulté à signaler. Ce travail terminé, je pouvais réinstaller le volant.

Un travail plus délicat m'attendait : replacer le câblage électrique. En tout cas c'est ce que je pensais. Mais en définitive tout se passa très bien car souvenez-vous, lors du démontage, j'avais pris soin de placer des autocollants au bout de tous les fils avec leurs destinations. Pour plus de sécurité néanmoins, je suivais en même temps le schéma de câblage et son code de couleurs.
Je m'étais fixé comme règle de "reconstruire" ma Herald telle qu'elle était sortie d'usine, sans rien y ajouter. J'ai fait une entorse à cette règle mais c'est essentiellement pour la protéger : j'ai placé une boîte de fusibles. Je sais qu'elle me pardonne puisque c'est dans son intérêt également. C'est ainsi que j'ai protégé les Klaxons ainsi que tous les feux et clignotants. J'ai dû repiquer un câble sur celui alimentant les feux de croisement afin d'alimenter le futur feu antibrouillard... un jeu d'enfant.

Il était temps de passer à autre chose. Pourquoi ne pas en finir avec les tuyauteries de freinage et d'embrayage ? C'est ainsi que je commençais par le plus facile d'accès : l'embrayage. J'avais bien sûr déjà installé le tuyau que part du maître-cylindre et arrive à "l'esclave" (c'est ainsi que les Anglais l'appellent : slave) ; il fallait maintenant le remplir de silicone et le purger. Je plaçais un flexible transparent sur la vis de purge, dévissais le capuchon du maître-cylindre, versais du silicone dans le réservoir et appuyais sur la pédale d'embrayage. Au fur et à mesure que la pédale revenait à sa position initiale, je refaisais le plein de silicone afin d'éviter que des bulles d'air ne s'intercalent. Très rapidement, le liquide apparu dans le tuyau transparent et je pus refermer la vis de purge. Les essais qui suivirent furent concluants. Grâce à ma lampe baladeuse, je pus voir aller et revenir la butée d'embrayage lorsque j'actionnais la pédale d'embrayage.
Je terminais le travail par la remise en place du cache en fibre de verre de la boîte de vitesse.

Je pouvais maintenant effectuer le même travail sur le circuit de freinage en respectant une règle simple : remplir le circuit de freinage en commençant par purger la roue la plus éloignée du maître-cylindre et finir par la plus proche. D'autre part, comme on ne peut pas être au four et au moulin, je me suis fais aider par mon fils; c'est quand même plus facile à deux. A la fin du remplissage, il convient de pomper sur la pédale de frein afin de chasser les bulles d'air vers les vis de purge et de recommencer l'opération jusqu'à ce que plus aucune bulle ne sorte.

Et maintenant... pourquoi ne pas aller faire un petit tour ? Le moteur est en place, la boîte de vitesse opérationnelle, les freins OK. Bien sûr il n'y a pas de capot, pas de portières, pas de toit et la partie arrière de la carrosserie doit encore être restaurée. Il n'empêche que ma Herald a maintenant tout ce qu'il faut pour rouler... Alors quoi... pourquoi pas ?

Je place donc une batterie, introduit la clef de contact et la tourne. A ce moment, le démarreur se met en fonction mais après plusieurs essais, le moteur n'a toujours pas pris. Je constate alors que l'essence n'arrive pas au carburateur. Je vous fais grâce des trois heures de recherche pour enfin découvrir que de minuscules trous de rouille dans le long tuyau se trouvant sous la voiture empêchent l'essence d'arriver à la pompe, celle-ci n'aspirant que de l'air.

Une fois ce problème résolu, je retourne à ma clef de contact. Le démarreur tourne, l'essence arrive au carburateur et tout d'un coup, le moteur démarre. Je suis content ! Hélas, je ne le serai pas très longtemps. En effet, après environ une dizaine de secondes, un grand claquement sec se fait entendre dans le moteur et puis plus rien. Non seulement le moteur ne démarre plus, mais en plus, il est calé. Et quand je dis "calé", c'est vraiment calé : impossible de le bouger d'un dixième de millimètre. Je laisse mes outils où ils sont, rentre à la maison, prends une douche, je suis dépité.

Cette pénible péripétie s'est déroulée au début du mois de décembre. Il faudra attendre fin janvier pour que je prenne mon courage à deux mains et retourne dans mon garage afin de me pencher sur ce qui avait bien pu passer. Différentes hypothèses devaient être vérifiées bielle coulée ou grippée, piston grippé et coincé, segments abîmés, coussinets de palier ou de bielle grippés et coincés, vilebrequin abîmé ou cassé, chaîne de distribution défectueuse, etc...

Après une vidange, je démontais le carter afin de voir tout l'embiellage. A première vue, rien d'anormal. Je devais dès lors me résoudre à démonter mes pistons et bielles. Mais pour ce faire, je devais évidemment démonter le radiateur, la culasse, la dynamo, etc, etc, etc... Il paraît que faire et défaire, c'est toujours travailler. D'accord, mais je m'en serais bien passé.

Avant de démonter mes bielles, je m'étais dit qu'il serait judicieux de défaire le gros boulon situé tout au bout du vilebrequin, à l'avant du moteur, là où se trouve la poulie entraînant la dynamo et la pompe à eau. Etant donné que le moteur était calé, ce serait plus facile ! Je saisis donc ma grande clef, tire de toutes mes forces vers moi et, croyez-le ou non, au lieu de débloquer ce gros écrou, je débloque mon moteur ! Celui-ci est de nouveau libre. Notez bien, ça ne me rassure pas car, étant débloqué, je ne saurai peut-être jamais ce qui l'avait bloqué. Et ça, ça m'inquiète.
Quoi qu'il en soit, j'ai démonté mes quatre bielles et ai juste pu constater que les coussinets n'étaient pas abîmés, que les pistons étaient en bon état, que les segments intermédiaires et racleurs étaient "cuits" et que les gorges supérieures des pistons étaient fortement encrassées. A part ça, rien. Il me restait donc à commander de nouveaux segments et coussinets de bielle et tout remonter en veillant à bien tout lubrifier.

ARTICLE N° 15

Le remontage des nouveaux segments de pistons et des nouveaux coussinets de bielles ne posa aucun problème. Par contre, ne disposant ni d'un pont ni d'une fosse, j'ai dû pas mal me contorsionner pour tout remonter, quelques gouttes d'huile attendant que je sois en ligne de mire pour me tomber sur la figure au plus mauvais moment. Enfin, quoi qu'il en soit, après maintes courbatures, je remontais tout le moteur avec l'espoir que cette fois-ci il ne se calerait plus et surtout qu'il tournerait !!!


Réglage allumage, carburation, soupapes, batterie, etc... tout était enfin prêt. Saint-Coventry, priez pour moi. Je tourne la clef de contact et... le moteur démarre : il tourne, il tourne,... Super, génial,...

Et maintenant, en avant pour un petit tour dans ma rue, sans toit ni capot (ils ne sont pas encore montés). Aïe, aïe, aïe, pas moyen de passer ni la première, ni la marche arrière!!! Aucun problème avec les deuxième, troisième et quatrième vitesses mais pour les autres, je suis obligé de couper le moteur, de passer la première et de remettre le moteur en route. Vous parlez d'une galère !!! Après discussion avec plusieurs "spécialistes", il s'avère qu'en fait mon moteur tourne trop vite au ralenti et que le volant moteur, même au point mort, entraîne l'axe du disque d'embrayage et comme la première vitesse sur cette boîte n'est pas synchronisée... et bien elle craque et est difficile à passer. Le problème fut quasi résolu en réglant le ralenti.

Afin de pouvoir continuer la restauration de la carrosserie, je me suis dit que le mieux était d'immatriculer ma petite Triumph Herald. Ainsi je pourrais la conduire à gauche et à droite pour des petits travaux. Ce serait plus aisé que de devoir louer un plateau ou une camionnette pour transporter mon volumineux et encombrant capot, par exemple.

Pour ce faire, à l'exception du toit, je remontais l'ensemble de la carrosserie ainsi que tous les phares, feux et clignotants. Tout fonctionnait à merveille, à l'exception des clignotants pour lesquels je dus remplacer la centrale clignotante.

Autre chose me tracassait : la dynamo. En effet, depuis que le moteur tournait, le voyant "IGN" du tableau de bord restait allumé en permanence, preuve d'une déficience. De deux choses l'une : ou bien ma dynamo devait être réparée ou remplacée ou bien c'était le régulateur qui était défectueux.
Une visite chez un technicien électrique automobile me donna la cause de mes soucis : le régulateur était oxydé et ne jouait plus son rôle ; il fallait le remplacer par un neuf, ce qui fut fait.

Jeudi 11 avril 2002 : jour historique pour ma Herald !

Coffre et capot décapés (tôle à nu), bulkhead et portières peintes en jaune jasmin (couleur définitive), arrière de la carrosserie toujours en couleur "vert anglais" d'origine, sans toit ni sièges arrières (en fait, je ressemble à un faux cabriolet tricolore), muni des plaques d'immatriculation de mon véhicule quotidien, je pars à l'assaut du Contrôle Technique de Waterloo à 12 km de mon domicile.

A 90 km/heure de moyenne, malgré le chauffage qui tourne, j'ai froid. Arrivé à bon port sans pépin je dois, comme d'habitude patienter une bonne heure dans la file d'attente. Arrive mon tour; je signale que je viens pour immatriculer ma voiture comme "ancêtre". Je tombe sur un pro ! Il sait exactement ce qu'il doit vérifier : les papiers du véhicule (j'exhibe ma déclaration de perte des documents de voiture que j'ai obtenue auprès de mon commissariat de police), je montre le numéro de châssis et la plaque de commission, je montre que j'ai bien un triangle de secours. Le technicien monte alors dans ma Herald et avance vers la fosse où un de ses collègues vérifie l'état des conduites de freinage (tout est neuf, il n'a pas eu trop de boulot). Pour le dernier test, pas question de mettre les roues sur les rouleaux qui vérifient la qualité du freinage ! Le technicien démarre sèchement et freine tout aussi sèchement ; c'est ce qu'on appelle un "test de freinage dynamique". Celui-ci étant concluant (ouf, on ne sait jamais !!!), je peux reprendre ma voiture et rechercher mes papiers. Je n'ai plus qu'à envoyer tous les documents à mon assureur et dans quelques jours je recevrai ma plaque qui, bien entendu commencera par la lettre "O" comme "Oldtimer".

Il m'a quand même fallut attendre 15 jours pour recevoir cette fameuse plaque
d'immatriculation : OAK 977. "Oak", en anglais signifie "chêne" ! Espérons que ma petite Herald résistera au temps tout comme cet arbre reconnu depuis toujours pour sa force et sa longévité.

A l'heure où j'écris ces lignes, j'ai déjà parcouru 300 km. Je ne passe pas inaperçu !
Pensez donc : une voiture ancienne attire déjà le regard, une anglaise encore un petit peu plus, mais alors une ancienne anglaise tricolore !!! Les membres du Club qui m'ont vu à la réunion mensuelle du mois de mai à Bruxelles ne me démentiront pas: il faut oser et ne pas avoir peur du ridicule.

L'étape suivante était le sablage du restant de la carrosserie (toit, capot, coffre et partie arrière). Même si cela a faire sourire certains membres à qui j'en ai parlé, le seul moyen que j'ai trouvé pour apporter ces différents éléments de carrosserie chez le sableur, c'est d'y conduire la voiture tout entière et de les démonter sur place. Il m'a fallut un petit peu plus de deux heures pour démonter les pièces à sabler. Il m'en a fallut trois et demi pour remonter les pièces sablées, en partie métallisées et traitées à l'antirouille.

Avant de conduire ma Herald chez le carrossier, j'ai passé un peu de temps à découper et façonner des bouts de tôle qui devront être soudés aux endroits où la rouille a fait son œuvre.
(ces endroits vous les connaissez bien ; ce sont toujours les mêmes…)

Voilà ! Je suis fin prêt pour conduire ma voiture chez le carrossier! La balle est maintenant dans son camp…quelques heures de soudure, masticage et peinture en perspective. Moi, mon travail reprendra quand elle reviendra repeinte.

Voilà maintenant quatre années que vous lisez les articles que j'ai consacrés à la restauration de ma Triumph Herald. Quatre années pendant lesquelles je vous ai relaté toutes les péripéties, toutes les anecdotes, tous les problèmes, toutes les surprises, tous les ennuis auxquelles j'ai dû faire face afin de mener à son terme l'objectif que je m'étais fixé : restaurer ma petite Triumph Herald 1200, modèle "Saloon" de 1966.

Et bien j'ai aujourd'hui une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer !

La bonne nouvelle, c'est que ma Triumph est terminée et que je peux dès à présent me joindre à vous pour les prochains rallyes et manifestations organisées par le B.T.C.

La mauvaise, c'est que vous êtes en train de lire le dernier article consacré à ce sujet.
Je ne prendrai plus la plume pour vous expliquer, tel un roman photo, les différentes étapes de la restauration du châssis, du moteur, de la carrosserie, …

J'espère que vous avez pris plaisir à me lire et à suivre tous les épisodes. Peut-être avez-vous appris certaines choses jusque là insoupçonnées. Peut-être ai-je donné à certains l'envie de commencer une restauration. Qui sait ?

En tout cas, pour ma part, j'ai pris autant de plaisir à "retaper" ma Herald qu'à écrire mes articles.

Je tiens à remercier notre président, Edward BODSON, pour la confiance qu'il a placée en moi. En effet, lorsque je lui ai soumis cette idée d'articles à épisodes, il ne me connaissait pas - je venais à peine de me faire membre du Club - et il a pris le risque de me publier. Qui sait si cela n'allait pas être tout simplement un feu de paille ?

Je tiens à remercier également Brice Ryckorski et Joël Terwagne qui, possesseurs également l'un d'une Herald 13/60 et l'autre d'une Herald 12/50 (maintenant transformée en cabriolet !) m'ont apporté leur soutien, proposé leur aide et prodigué certains conseils.

Je remercie enfin tous les membres du Conseil d'Administration ainsi que tous les membres du B.T.C. rencontrés au détour d'une réunion mensuelle, d'un voyage en Angleterre, d'une exposition à Bruxelles ou Ciney, … pour leur dynamisme, leurs encouragements, leur bonne humeur, leur esprit convivial.

Je vous remercie tous pour m'avoir aidé et encouragé. Je vous dois une fière chandelle.
Le B.T.C. peut être fier de vous. Vous formez tous à mes yeux une grande famille réunie autour d'un ancêtre commun. Cet ancêtre n'est pas fait de sang et de chair mais de métal, cuir et caoutchouc. Quels que soient les prénoms qu'il a donné à ses enfants (Stag, TR, Spitfire, Vitesse, Herald, Dolomite, Gloria, etc…), nous prendrons toujours soin de sa descendance. Nous sommes en quelque sorte ses héritiers spirituels. Longue vie à la


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