| SOUVENIR D'ENFANCE POTVRDA & POTPIS |
Texte écrit par Marc BERTELS Afin de le remercier pour la création et la gestion du site internet dédié au « Triumph Festival », site internet qui a largement contribué au succès incontestable et incontesté de cette merveilleuse journée, le Conseil d’Administration a souhaité inviter mon papa à notre traditionnel dîner annuel. Mon père a accepté avec enthousiasme cette invitation et c’est ainsi qu’il s’est retrouvé assis entre Edward et moi. Tout en découvrant les délicieux mets que nous avait préparé le « Traiteur Roland », restaurateur situé à Ophain à la Ferme du Moulin à Eau, Edward et mon père ont discuté tantôt des voitures anciennes en général et B.T.C. en particulier, tantôt du radio-amateurisme, des liaisons radio, de la TSF et bien sûr des liaisons « satellites ». En effet, mon père est passionné de tout ce qui touche aux liaisons « sans fils ». J’en avais fait part il y a quelques temps aux membres du C.A. et quelle ne fut pas ma surprise, et celle de mon père encore plus, de voir Marcel lui offrir un poste à galène « maison ». Je te remercie du fond du cœur car, crois moi, cela lui a fait très plaisir. A un moment donné, mon père a sorti de son portefeuille un petit bout de papier de couleur rose et plié en deux. L’histoire que vous allez lire ci-après, je l’ai entendu déjà de nombreuses fois. D’autres se seraient peut-être lassés de l’entendre… Et bien pas moi. Pourquoi ? Parce que, connaissant le récit, je me plais à attendre la « chute » pour voir la tête que va faire la personne tout à l’écoute de cette aventure. Au mois de juillet 1963, mes parents avaient décidé de partir en vacances en voiture dans un pays aujourd’hui divisé mais qui à l’époque s’appelait encore la Yougoslavie. La voiture en question était une Opel Olympia, modèle 1960. Ma mère l’avait choisie de couleur noire mais avec le toit blanc, tout comme les flancs des roues. Nous voilà donc, mes parents, mes deux frères et moi-même, partis à la découverte de ce pays chargé d’histoire. Aux dires de mon père, à cette époque, les routes n’avaient rien de comparable à celles que l’on pouvait parcourir en Belgique, France, Allemagne, etc… J’imagine plus les voies « carrossables » yougoslaves comme des sentiers caillouteux parcourus uniquement par des « carrosses » munis de roues en bois cernées de fer. Nous roulons à petite allure sur une de ces routes cahoteuses lorsque devant nous, au détour du chemin, apparaît une petite Fiat 500. Elle roule à pas d’homme. Après quelques centaines de mètres, se demandant pourquoi la Fiat n’avançe pas, mon père décide de dépasser ce véhicule. Nous continuons à rouler mais sommes bientôt arrêtés à un passage à niveau. Tout en attendant que la barrière se lève après le passage du train, mon père voit se présenter à côté de sa portière un policier à l’allure imposante. NB : Mon père n’a jamais compris comment ce policier ainsi que son collègue, tout deux bâtis comme des « armoires à glaces » pouvaient tenir dans cette minuscule Fiat. En effet, ce sont bien eux que mon père avait doublés quelques centaines de mètres plus tôt. Mon père ne parlant ni serbe ni croate et ces policiers ne parlant ni français ni anglais, ils ont réussi à s’expliquer en allemand. Il faut savoir qu’à l’époque la Yougoslavie avait la réputation de se montrer très sévère pour les touristes étrangers, n’hésitant pas à verbaliser autant que possible les automobilistes venant des pays « capitalistes ». Les policiers reprochaient à mon père de les avoir doublés dans une portion de route où il y avait des travaux en cours. Cela devait être vrai car pratiquement toutes les routes étaient « en travaux » à cette époque. Tout en s’expliquant, le policier rédigeait un procès-verbal. Mon père en a été quitte pour payer l’amende sur place : 500 dinars. A l’époque, cela représentait environ 35 francs belges. Ce procès-verbal, mon père le garde précieusement dans son portefeuille comme une relique. Pour comprendre pourquoi, je vous propose de l’analyser. Ce document a été imprimé par la police
de Sarajevo et est destiné à percevoir des
amendes. En le regardant de plus près, on peut constater
qu il est intitulé « POTVRDA ». Ce n’est pas tout... Au-dessus de la signature il
est imprimé : POTPIS. Vous comprenez maintenant pourquoi je prends à chaque
fois un certain plaisir à écouter cette histoire.
J’attends avec impatience la chute pour voir la tête
de la personne à l’écoute de cette aventure
historique. Merci !!!
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